8 heures du matin. Les couloirs du Parlement européen bruissent déjà d’alliances mouvantes, de stratégies souterraines et de rivalités à peine voilées. Pendant que le continent se prépare à voter, les jeux de pouvoir s’affûtent à Strasbourg et Bruxelles. François-Xavier Bellamy, au cœur de cette fourmilière, avance à contre-courant, ou du moins, jamais dans le sens du vent dominant.
Depuis son arrivée sur les bancs du Parlement européen, François-Xavier Bellamy s’est retrouvé à manœuvrer dans une arène où chaque session redessine la carte des affinités et des oppositions. Les discussions sur les droits sociaux, les orientations économiques, la souveraineté ou la transition écologique se tendent à mesure que les élections de 2024 approchent. Entre chaque vote, les rapports de force se déplacent. Pour Bellamy, l’enjeu est clair : peser dans les choix qui engagent l’Union à long terme, quitte à se heurter à d’autres ténors de l’hémicycle.
François-Xavier Bellamy au Parlement européen : un acteur clé face aux enjeux de 2024
Derrière les baies vitrées de Bruxelles, François-Xavier Bellamy avance à la fois en tacticien et en professeur. Figure de proue du Parti populaire européen (PPE) et vice-président des Républicains, il cultive une présence singulière, loin de l’image froide du technocrate. Élu en 2019, il débarque dans une Europe en pleine recomposition, où tout est à réinventer, y compris les alliances. Son cercle immédiat ? Les eurodéputés français du PPE, mais aussi des collègues venus d’horizons politiques multiples, avec qui il noue des relations tissées de calculs, de débats, parfois de complicité inattendue.
Bellamy n’a jamais fait dans la demi-mesure. Ancien maire-adjoint de Versailles, philosophe de formation, il revendique un style sans ambiguïté. Son opposition à l’IVG et au mariage pour tous, ses positions sur la laïcité ou l’école, tout comme ses prises de parole sur la scène européenne, en font un élu atypique. Lorsqu’il s’empare du dossier sur l’industrie de défense ou qu’il bataille contre les mesures du Green Deal, en particulier sur le tout-électrique et la surenchère réglementaire,, Bellamy assume la confrontation. Sa ligne ? Refuser l’effacement des spécificités nationales sous le rouleau compresseur de la norme européenne.
Le Parlement européen, c’est aussi une galerie de personnages. Dans les travées, il échange avec Valérie Hayer, Manon Aubry, Jordan Bardella. Les conversations sont parfois électriques, parfois feutrées, mais toujours tendues par l’enjeu. Bellamy ne s’enferme pas dans le débat politique : en 2023, il publie Espérer chez Grasset, lance la Nuit de la philosophie à l’Olympia, et nourrit sa passion pour la mer aux côtés de sa compagne, engagée elle aussi dans le monde maritime. Et s’il fallait encore casser un cliché, il ne cache pas que Bigflo & Oli ou Orelsan accompagnent ses journées, loin de l’image compassée du député classique.
La campagne de 2024 lui a offert un nouveau terrain de jeu : tête de liste LR, il réalise 7,2 % aux européennes. Résultat modeste, mais qui assoit encore davantage sa différence, autant dans la maison Républicains que sur la scène continentale.
Quels liens avec Ursula von der Leyen et les autres figures majeures de Bruxelles ?
Entre fidélité au PPE et positionnement singulier, Bellamy doit composer avec la mécanique complexe du Parlement européen. Son appartenance au groupe de centre-droit le place dans la zone d’influence d’Ursula von der Leyen, qui pilote la Commission européenne. Pourtant, la relation reste distante. Le dialogue existe, mais la connivence n’est pas de mise : Bellamy soutient le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, mais s’oppose sans détour au Green Deal imposé par Bruxelles ou à l’agenda du 100 % électrique. Le désaccord, ici, n’est pas feint. Il refuse que l’Europe se mue en machine à réglementer et préfère défendre une vision moins intégrative et plus respectueuse des particularismes nationaux.
Dans cette micro-société parlementaire, Bellamy croise sans cesse d’autres figures de poids. Voici quelques exemples de ses principaux interlocuteurs et rivaux :
- Valérie Hayer (Renew) : Présidente du groupe centriste, elle affronte Bellamy sur les textes-clés, parfois à armes égales, parfois dans des alliances ponctuelles.
- Jordan Bardella (Rassemblement national) et Manon Aubry (gauche radicale) : Avec eux, la ligne de démarcation est nette. Bellamy veille à ne jamais brouiller les frontières idéologiques, ni sur la scène nationale, ni à Bruxelles.
Rompu aux arcanes de la politique, Bellamy a aussi travaillé avec Rachida Dati ou Nathalie Kosciusko-Morizet, ce qui lui vaut aujourd’hui une solide expérience des jeux d’alliances. Entre les échanges avec Fabienne Keller, Aurore Lalucq, et le soutien affiché de Laurent Wauquiez, Brice Hortefeux ou Nicolas Sarkozy, il occupe une place singulière, coincé entre réseaux français et stratégies européennes.
Le quotidien de Bellamy, c’est aussi le choc frontal avec les autres têtes d’affiche : Emmanuel Macron, Marine Le Pen… Chaque passage en commission, chaque prise de parole, chaque vote devient un acte qui compte. À ce jeu-là, il avance sans masque : le Parlement européen n’est pas une chambre d’enregistrement, mais un terrain où convictions et manœuvres s’affrontent, sous le regard de tout un continent. Demain, le décor changera, mais pour François-Xavier Bellamy, la partie continue, avec ses alliés et ses adversaires, sur la scène européenne comme dans les coulisses.


