45 %. Voilà la proportion d’hommes en couple qui, selon l’Université de Chicago, admettent avoir déjà ressenti une attirance pour quelqu’un d’autre en étant engagés. Le chiffre claque, sans fard. L’attirance surgit parfois là où on l’attend le moins, sans égard pour la solidité ou l’ancienneté du lien conjugal. Avec elle, s’invitent la remise en question, les doutes, ces pensées qui tournent en boucle et cette sensation d’être soudainement étranger à soi-même.
Reconnaître les signes d’une attirance réelle ou d’un simple fantasme passager
Chez l’homme marié, le balancement entre simple fantasme et trouble plus profond ne laisse pas de place à l’indifférence. Savoir identifier la nature de son désir, c’est déjà poser un regard lucide sur ce qui se joue : éphémère distraction ou point de bascule dans l’équilibre du couple ?
Pour y voir clair, certains repères ne trompent pas. Un rêve furtif à propos d’une collègue, un sourire échangé dans la rue : voilà le domaine du fantasme. Ces pensées viennent, repartent sans ancrer quoi que ce soit. Mais lorsque l’autre femme envahit l’esprit, s’impose dans le quotidien, que chaque détail prend de l’importance, il se passe tout autre chose. Les attentes grandissent, les émotions débordent du cadre habituel et l’obsession s’installe.
Voici des signaux concrets qui peuvent éclairer la situation :
- Changements d’humeur : une nervosité soudaine, de l’excitation, mais aussi ce sentiment de culpabilité qui s’invite après la moindre interaction.
- Comparaisons répétées : la tentation de mesurer, consciemment ou non, sa partenaire à l’aune de cette nouvelle présence, que ce soit sur le plan physique, intellectuel ou affectif.
- Recherche d’attention : le soin porté à sa tenue, aux mots choisis, aux messages envoyés, tout cela dans l’espoir d’être remarqué.
- Retrait émotionnel : un éloignement progressif, la perte d’intérêt pour les moments partagés avec la conjointe, comme si quelque chose s’était décalé.
Le fantasme, lui, fait irruption puis s’efface sans laisser de trace. Il ne bouleverse rien, ne modifie ni les gestes ni la dynamique du couple. L’attirance véritable, à l’inverse, s’insinue et finit par questionner les fondations du lien, jusqu’à troubler l’équilibre installé. La différence est nette : ce qui amuse s’évapore, ce qui dérange vient tout remettre en cause.
Quand l’attirance questionne le couple : enjeux émotionnels et pistes de réflexion pour avancer
Dans la vie à deux, l’apparition d’une attirance pour une autre femme agit souvent comme un révélateur. Un miroir tendu à la relation, qui pousse à s’interroger sur la force du lien et la place de chacun. Parfois, la confiance vacille, les repères se brouillent. On redoute de blesser, la jalousie s’infiltre, des questions se posent sur l’engagement et la fidélité.
Il ne s’agit pas seulement d’une tentation. Ce surgissement met à nu ce qui, parfois, manque ou s’est endormi dans le couple. La communication peut alors tout changer. Ouvrir la discussion, même si elle est inconfortable, permet de comprendre ce que cette attirance révèle : lassitude, envie de nouveauté, besoin de reconnaissance ou crise plus profonde. Dans certains cas, la thérapie de couple devient un appui précieux pour explorer ces remous, clarifier les attentes et retrouver le chemin du désir partagé.
Quelques pistes peuvent aider à traverser cette étape délicate :
- Interroger ses besoins véritables : s’agit-il d’un besoin d’aventure ou d’une remise en question de la relation elle-même ?
- Prendre soin de son estime de soi, pour ne pas faire peser sur l’autre tout le poids de ses frustrations ou de ses doutes.
- Choisir le dialogue, même si la discussion paraît difficile, afin d’éviter que la frustration ne prenne toute la place.
Faire appel à un médecin sexologue ou à un thérapeute de couple : cette démarche peut permettre de sortir de l’impasse. À Marseille comme ailleurs, ces professionnels accompagnent ceux qui traversent le doute, afin que le silence ou la suspicion ne deviennent pas la règle. Parce qu’une histoire d’amour s’écrit à deux, dans la nuance, entre fidélité, désir et liberté de se questionner, il appartient à chacun de tracer sa route, sans renier ce qui l’habite.
Il suffit parfois d’un regard, d’un mot, d’un trouble qui s’immisce pour faire vaciller des certitudes. Reste à savoir si l’on choisit d’ignorer ce tremblement… ou d’en faire le point de départ d’une autre façon d’aimer.


